L'oie de Wiers
Au 19ème siècle , on pouvait voir dans de nombreuses fermes de la région frontalière comprise entre Saint-Amand et Tournai des troupeux de petites oies blanches.
Ainsi , dans plusieurs comptes-rendus de concours agricoles de l'époque , on peut lire dans celui de Condé en 1865 : " Un magnifique troupeau d'oies ( quarante élèves ) , amené
par Monsieur Jean-Baptiste Heudin , d'Hergnies , a fixé l'attention de la commission qui lui a décerné le premier prix ".
Et dans celui de 1866 : " C'est toujours et quand même cette petite race dite du pays , dont le village d'Hergnies fait un si grand nombre d'élèves , que le sieur Beudin persite à nous exhiber."
Traité d'aviculture sportive ( Willems & Brandt )
L'OIE DE WIERS est une race locale originaire du sud des provinces belges qui touchent la frontière française. Elle était de taille plutôt petite.
Sa spécialité consiste à être grasse à l'âge de 2 mois V2 pour un poids de 4 Kg, pouvant même aller jusqu'à 5 Kg. On sait qu'il faut généralement 6 mois pour qu'une oie devienne commerciable
pour la boucherie.
Anciennement, elle se vendait dans le courant du mois de mai et à l'approche des fêtes de fin d'année. Le paysan en obtenait un bon prix pendant cette période. Elle était engraissée au moyen
d'une pâtée à base de pommes de terre et de farine de sarrasin.
Variétés : L'Oie de Wiers était une oie au plumage blanc, relevé d'un heurt gris-bleu sur le front. Assez bien de sujets possédaient une espèce de petite Huppe sur le haut de la tête.
Cette huppe de couleur bleue faisait plus ou moins penser à une brosse lorsqu'elle était hérissée. Chez les sujets huppés, les jars possédaient également une tâche bleue sur le croupion.
Description
Apparence générale : oie de petite taille, sans bavette, ni fanon
Tête : fine.
Bec : peu ridé, assez long, s'avançant sur le front, de teinte jaune- orange, devenant rose vers la pointe - Onglet rose très pâle.
Oil : assez grand, bleu, - tour d'oeil jaune pâle.
Cou : court et un peu plissé.
Poitrine : plate, plus large que profonde.
Corps : ovale.
Pattes : très fortes, d'un jaune ocré.
Ongles : pâles.
Queue : horizontale. Poids : de 4 à 5 Kg.
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Dans son ouvrage " Les races de palmipèdes par l'image " paru en 1926, V. Pulinckx-Eeman nous la décrit comme suit : " une race de petites oies au plumage blanc relevé d'un heurt gris-bleu sur le front
(le heurt ou la heurte est une tache colorée sur le front de certains oiseaux et en particulier les pigeons).
On rencontre dans cette variété assez bien de sujets ayant une espèce de petite huppe sur le haut de la tête de cou¬leur foncée et qui fait l'effet d'une brosse. La tête est fine, le cou court et peu
plissé ; la poitrine plate, plus large que profonde ; vu de dessous, le corps est ovale ; la queue est horizontale ; le bec peu ridé, assez long, s'avance haut sur le front ; il est orange, devenant
rose vers le bout ; l'onglet est rose très pâle. L'oil, assez grand, est bleu ; le tour jaune pâle. Les pattes, très fortes, sont ocre jaune et les ongles pâles. Cette variété semble dériver de l'oie
flamande, sélectionnée pour sa précocité. Elle est grasse à deux mois et demi ou trois mois, alors qu'il faut au moins le double pour les autres oies"
" ..l'oie de Wiers , blanche avec une tache bleue au sommet de la tête et une autre sur la croupe ...( Chasse et Pêche , 17ème année )
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L'oie commune et l'oie de Wiers
"...en 1909, Vander Snickt se rendit à Wiers en compagnie d'Edouard Brown, conseiller d'aviculture anglais , alors déjà les troupeaux dé milliers d'oisons avaient disparu par suite de la culture de la
betterave, qui avait envahi progressivement tous ]es champs inoccupés. « Nous sommes allés nous-même, disait Vander Snickt, porter des oisons de Wiers et des canetons de Laplaigne au concours de
volailles mortes du Smithfield Club, en 1899, et c'est seulement maintenant, dix ans après, que les Anglais, relisant les rapports du temps, viennent voir en Belgique ce qu'étaient ces déli¬cates
petites oies et ces jolis canetons fins (les Laplaigne), restés blancs jusqu'à la fermeture du concours, alors que toutes les autres volailles exposées avaient pris les couleurs de l'arc-en-ciel,
le vert dominant. Pour qu'une volaille spéciale soit appréciée, ajoutait avec raison l'éminent expert avicole, il faut qu'elle parte d'un centre d'élevage, et ce centre doit produire et s'agrandir
à mesure que la demande arrive. Aussitôt que l'offre ne répond plus à la demande, c'en est fait d'une industrie, d'un commerce, et pour longtemps.
C'est faute d'une production suffisante que l'oie de Wiers a disparu » J'ai tenu à rappeler ces notes, parce que, certainement, l'oie de Wiers n'a pas disparu. Elle a existé non seulement dans cette
localité, mais aussi aux environs, notamment à Hergnies et dans le terri¬toire scaldinien du nord français et du sud du Hainaut. Entre les réputés oisons d'Hergnies et ceux dits « de Wiers »,
il n'y a aucune différence.
Et s'ils n'existent plus en gros troupeaux, comme autrefois, on en trouve toutefois encore dans la plupart des prairies, jardins et basses-cours des villages belges et français bordant l'Escaut.
Il serait plus logique d'appeler ces ansérinés : « petites oies de l'Escaut ». Je le répète, la variété en question n'est qu une oie commune sélectionnée vers la couleur blanche, la taille minime
et la précocité. Sélection à rebours, direz-vous? En effet, puisque maintenant, dans l'élevage de l'oie, on vise surtout au volume.
Les petites oies de l'Escaut sont d'un type léger et beaucoup plus dégagé que les gros sujets d'autres races. Il n'en est pas fait d'élevage industriel spécial, mais on en voit partout.
Elles ont une chair et une graisse blanche, et une peau fine également blanche. Aucun stan¬dard n'existe ; aussi, serait-il souhaitable qu'un groupement régional se formât pour définir une base de
sélection, afin d'adapter la petite oie de l'Escaut à la forme d'élevage, d'engraissement et de présentation de chaque sujet. A remarquer que c'est principalement en territoire français que ces oies
sont élevées. Elles ont le foie plutôt petit et non adipeux. Ce sont d'excellentes volailles à rôtir.
Depuis quelque temps, nombreux sont les Polonais venus demeu¬rer dans la partie industrielle du nord de la France. Ils ont eu soin de prendre avec eux leurs animaux domestiques, surtout porcs et oies.
Ils nourrissent les uns et les autres de mélanges dans lesquels entrent en forte proportion les orties hachées. Les oies de Pologne ressemblent pas mal aux petites oies de l'Escaut.
J'en ai vu de huppées. II est à prévoir que les deux variétés, à la suite de croise¬ment, n'en feront plus qu'une dans l'avenir.
Arm. Mercier( Chasse et Pêche , 1924 )
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SITUATION ET RECONSTITUTION
Le canard Harbred n'a pas survécu à son créateur. Mr d'Hébrard l'avait présenté à plusieurs expositions , ainsi qu'il l'avait mentionné , mais aucun éleveur ne lui a emboîté le pas.
Ce cas illustre bien le fait qu'une race nouvellement créée doit être le fruit d'un travail de plusieurs éleveurs.
Sa reconstitution est tout à fait possible en partant de colverts noirs & blancs. Nous l'avons tentée et en partie réussie après quelques années de sélection , à titre expérimental uniquement.
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LE CANARD HARBRED
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