La poule de Saint-Omer ou Courtraisienne
Cette race était très répandue dans les départements du Nord de la France jusqu'en Picardie , ainsi qu'en Belgique
( Thield , Courtrai, Bruges , Gand ...) Elle y était également désignée comme " poule commune à 5 doigts ".
Dans la littérature avicole , elle est fréquemment mentionnée par notamment La Perre de Roo , Gobin , ainsi que dans
de nombreuses revues du 19èeme siècle.
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Chasse et Pêche n° 52 du 25 septembre 1904
" Monsieur de Rédacteur,
Comme suite à ma lettre du 3 juillet dernier , j'ai l'honneur de porter à votre connaissance que je suis parvenu,
après bien des recherches , à trouver quelques spécimens de la race à cinq doigts...
C'est ainsi que chez un fermier qu'on m'avait signalé , j'ai trouvé des poules noires ayant cinq doigts ,
pattes bleues , crête triple ou simple ; malheureusement , et c'est ici que j'aimerais connaître votre avis ,
parmi ces poules il y en a possédant des oreillons blancs , d'autres les ayant rouges.; lesquelles des deux ,
pensez vous , seraient les meilleures à acquérir ? Vous m'obligeriez beaucoup en voulant bien me donner réponse...
J. Baeckelandt.
Monsieur J. Baeckelandt,
...Vous me demandez mon avis au sujet de l'oreillon blanc ou rouge ? Je suis très embarrassé de répondre catégoriquement ;
cependant mes préférences vont au blanc. Les dorkings avaient l'oreillon blancs du temps où elles étaient encore pondeuses ;
il en a été fait des poules à chair, mais l'oreillon blanc persiste toujours à revenir.
Quand vous aurez des lots de poules du pays à cinq doigts , essayez un croisement avec de grands dorkings foncés ;
vous provoquerez l'atavisme, les anciens plumages et les anciens caractères reviendront et vous verrez vous-même dans
quelle direction vous aurez à sélectionner.
L. Vander Snickt.
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A. GOBIN , Traité des oiseaux de basse-cour , 1882
"La race commune à cinq doigts (Gallus pentidactylus). La pentidactylie est un phénomène anormal (dans la classe des
oiseaux, où le nombre des doigts (outre l'éperon caractéristique du mâle, dans cer¬taines espèces) ne varie que de 2 à 4.
L'espèce du coq domestique est peut-être la seule qui l'ait pré¬sentée. Ce fait tératologique s'est produit de temps
immémorial sans doute, comme il se produit encore de nos jours de temps en temps, et il s'est fixé cornue il se fixe
encore aisément dans une famille dont on peut faire avec le temps une race par la sélection. Ce que l'on sait par
Columelle, c'est que, au commencement de notre ère, les Romains, et sans doute les Espa¬gnols, possédaient déjà une
race à cinq doigts, très estimée.
M .La Pcrrc dc Roo [L' Acclimatation, 13 avril 1879, p. 179) a décrit la race commune â cinq doigts, qu'il dit être
assez répandue en Belgique (environs de Thield, Courtrai, Bruges, Gand, etc.) et dans les départements du nord de la
France., où elle jouit d'une haute réputation. Le coq a la crête simple, droite, assez haute, dentelée, rouge ; les
oreillons moyens et rouges ; les joues nues autour de l'oil seulement, et rouges; les barbillons longs et pendants;
le bec moyennement long, crochu et fort; les tarses courts, nus, nerveux, de couleur chair; cinq doigts au pied; la
taille moyenne ; la queue très fournie et ornée de faucilles longues et larges ; le corps large et de formes arrondies ;
la cuisse charnue. La poule a le bec couleur corne claire ; la crête simple, droite, assez haute et dentelée régulièrement
; les joues emplumées ; le ventre traînant presque A terre ; elle est bonne pondeuse et très médiocre couveuse; ses oufs
sont blancs et de grosseur ordinaire ; les poussins sont rustiques, moyennement précoces, assez faciles à engraisser,
ont la peau très blanche et la chair assez fine.
Le plumage ne paraît point très fixe , le coq a d'ordinaire le camail , le dos et les lancettes de couleur jaune paille;
les épaules roux velouté ; les grands couvertures des ailes noir à reflets violacés; le col blanc , le plastron noir lustré
; le dessous du corps noir mat; les grands caudales noires; les faucilles noires à reflets violacés. La poule est le plus
souvent grise ou couleur perdrix."
Dans son livre Monographie des races de poules La Perre de Roo la classe dans la catégorie de la poule
comune à cinq doigts. Selon lui , elle pourrait faire partie des ancêtres de la célèbre poule Dorking.
Voici les caractères qu'il lui donne dans son ouvrage monographique:
Coq.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET MORAUX.
- Bec : Fort, crochu, de longueur moyenne; blanc rosé. - Tête : Grosse.- Crête: Simple droite, assez haute et dentelée.
- Barbillons : Longs et pendants. - Joues : Rouges, dénudées autour de l'oil seulement. - Oreillons : Rouges.
- Iris : Rouge orangé. - Cou : Court, gros, très amplement garni de plumes longues et fines, comme chez le coq de Dorking.
- Corps : Massif, gros, poitrine large ouverte et portée en avant, ailes longues, cuisses et jambes très grosses.
- Queue : Très garnie et ornée de faucilles longues et larges formant un superbe panache.
- Tarses : Courts, nus et nerveux; couleur de chair. Cinq doigts à chaque patte. - Taille : Coq de Barbezieux.
- Physionomie de la tête : Identiquement pareille à celle du Dorking. - Port : Majestueux, allures vives.
Poule.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET MORAUX.
- Bec : Assez fort et de la même couleur que les pattes, blanc rosé ou couleur de chair. - Tête : De grosseur moyenne.
- Crête : Petite, simple, droite, assez unifor¬mément dentelée. - Joues : Emplumées.
- Oreillons : Rudimentaires, peu apparents. - Iris : Rouge orangé.
- Corps : Volumineux, ramassé, cou court et gros, poitrine très développée, ventre très bas et développé,
dos large, ailes longues, cuisses grosses, queue grande et pattes courtes.
- Tarses : Courts; blanc rosé, ou couleur de chair. - Doigts : Forts et au nombre de cinq à chaque patte.
- Taille : De grosseur au-dessus de la moyenne. - Physionomie de la tête : Comme celle de nos poules communes.
- Ponte : Remarquable. - Oufs : Gros et blancs. - Incuba¬tion : Très médiocre. - Chair : Fine et délicieuse.
- Epiderme : - Extrêmement blanc, ce qui donne aux volailles de cette race un aspect très agréable.
- Plumage : Il en existe de toutes les couleurs propres aux poules.
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Qualités à rechercher chez les reproducteurs
Chez le coq, il faut rechercher avant tout une forte taille; la tête grosse; la crête bien développée et bien droite;
la poitrine large ouverte et portée en avant; le dos large; les ailes longues; la queue bien garnie, longue et bien portée;
les cuisses grosses; les tarses courts, de couleur chair, et cinq doigts bien conformés à chaque patte.
Chez la poule, il faut rechercher un corps volumineux, la poitrine et le dos larges; le ventre très bas
et très développé;
les tarses courts de couleur blanc rosé, et cinq doigts bien articulés à chaque patte, comme chez le coq.
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Reconstitution et démarche d'homologation
Le 22 juillet 2010 , une demande d'homologation pour la reconnaissance de la " poule de Courtrai-Saint-Omer " a été officillement déposée
par le Bourbourg-Hergnies Club de France ( demande co-signée par B.Dupas , E. Chrastek , R.Adolphi ) au Secrétariat de la Commission des Standards.
Cette demande faisait suite à un travail entrepris depuis plusieurs années et conjointement avec deux éleveurs belges MM De Ridder et Talppe.
Dans un premier temps , la Commission des Standards France mis sa décision en attente de son homologue belge , et en 2012 , après concertation réciproque
la demande fut rejettée. ( Nous disposons du dossier complet pour plus d'informations ).
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